Précepte d’Overland

      Bien connu à travers le monde, l’Overlanding est encore peu répandu parmi les voyageurs

français. Il est pourtant un mode de wOyage ultime pour celui ou celle qui recherche l’aventure, pour d’autres qui aiment voyager sans but, au jour le jour. Le wOyage Overland se veut en autonomie à travers une destination souvent reculée ou peu touristique, mais il peut également croiser de grandes métropoles ou des circuits plus fréquentés, ce qui nécessite généralement d’être véhiculé, avec l’idée que le besoin d’un certain confort est souvent en contradiction avec une cette liberté d’Itinérance chère au voyageur. 

      Du vélo au camping-car en passant par la moto, le 4×4, le van et autres moyens de locomotion comme l’âne ou le cheval, l’esprit d’Overland invite à prendre son temps et à éviter autant que possibles  ces obligations horaires sociétales, offrant une nouveau mode de vie souvent temporel (à partir de deux semaines jusqu’à quelques années pour certains).

      Traversant des régions isolées et/ou sauvages, parfois peu ou pas habitées, la forme principale de logement est donc le bivouac au soir venu, au détour d’un coin calme et rarement prévu. Chaque journée est placée sous le signe de l’itinérance et de l’exploration, avec certains challenges techniques pour les plus aventureux car les pistes ne sont pas toujours faciles. Souvent les Overlanders traversent des frontières terrestres et voyagent sur plusieurs pays à pieds ou avec leur propre véhicule.

Exploration, aventure, rencontre, faune sauvage, paysages, culture.

Comment dire Overland 

      Voilà une question des plus intéressante! En anglais, overland fait référence à un voyage par voie terrestre, par la route et il n’existe aucun mot pour traduire cela directement en français. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il demeure en anglais dans le langage courant, aux oreilles de tous, même s’il n’a pas encore totalement intégré le vocabulaire usuel. Cependant, quand l’on creuse un petit peu et que l’on revisite la définition du préfixe over, on pourrait aisément imaginer que l’association over-land, devenu overland, annonce plus simplement le fait qu’il n’y a plus de terre et donc peut-être de la route. Mais cela implique d’oublier totalement l’idée et la définition d’oversea traduit par outre-mer (par delà la mer). Ce parallèle ainsi fait peut engendrer l’idée qu’une traduction plus appropriée revisiterait l’association vers la vision d’outre-terre, plus appropriée au wOyage par delà la terre.

      Plus communément, les gens parlent plutôt de road-trip qui n’engage en rien l’Overland. Par road-trip, ils confondent un voyage sur route et le principe d’Overland qui implique d’autres exigences. L’Overland n’est pas qu’un road-trip, il demeure un mode de vie, une vision nomade du voyage, un esprit itinérant, l’âme profonde du wOyage d’GO!

Esprit d’overland

A la recherche de ces régions reculées

Il y a chez l’Arpenteur un besoin de se déconnecter de la société de consommation ainsi qu’une certaine envie de s’immerger et de se reconnecter à la nature et àn l’environnement. Les grands espaces sauvages telles que les steppes d’Asie centrale, ou les déserts du Maghreb ou de l’Islande sont des destinations qui correspondent parfaitement à cette vision du voyage.  En partant longtemps et en étant autonome, on peut plus facilement explorer ces régions peu connues en bénéficiant d’une relation privilégiée avec la population locale, mais deux à trois semaines peuvent suffire à vivre de telle expérience.

La notion de temps est cependant très importante dans le voyage Overland puisqu’il s’agit de s’immerger et de vivre au rythme d’un pays à la culture totalement différente. Plus vous resterez longtemps et plus vous aurez le temps d’explorer ce que le pays à vous offrir.

Hors de ces sentiers battus

Lorsqu’on traverse un pays avec ses moyens personnels, on a plus facilement accès à des zones isolées et non desservies par les transports en commun. Profitez de cette occasion pour explorer et sortir des sentiers battus, des chemins balisés et des routes trop goudronnées. Demandez aux locaux de vous aider, ou de vous conseiller si vous doutez de l’état d’une piste ou d’une route, cela devient l’occasion de discuter avec les gens que vous croiserez sur votre chemin.

Attention à ne pas confondre Overlanding avec Off-roading. A première vue Off-Road fait référence à un voyage hors des routes, défi souhaité entre l’homme motorisé et quelques terres isolées, par jeu ou par défi. Erreur! Même si l’un n’empêche pas l’autre, l’Off-roading n’est en rien une obligation, mais une activité souvent volontairement choisie, dont la prouesse technique est un but en soi et rarement une obligation d’itinérance. En effet, en se mettant en difficulté sur des pistes difficiles, boueuses, des étendues de sable, de franchissements de rivières ou de gué, quelques passionnés emparés d’une certaine expérience peuvent y trouver une forme d’amusement et de challenge proposé à un véhicule puissant et adapté au terrain, mais très souvent quelque peu inutile! 

Voyager en autonomie

En étant autonome, vous aurez la possibilité d’improviser chaque jour itinéraire secondaire ou nouveau. Mais cela exige d’être bien équipé et de savoir anticiper les problèmes à venir. Avoir une vision globale du danger, de la situation et du terrain, avec un équipement adéquat et une topographie indispensable ainsi qu’un outil de navigation souvent incontournable!

   Puis, il reste également et avant tout, à penser se fournir avec justesse de réserves de vivres, d’eau potable, de carburant pour les véhicules motorisés, de solutions sanitaires et de communications pour ne faire ce peu. Mais la liste des besoins reste exhaustive et variable suivant les besoins de chacun

Vers quelle destination

Le choix reste vaste, mais l’Overland, même s’il demeure aujourd’hui une philosophie de voyage plus classique, est né dans un premier temps afin de cueillir les régions inconnues et d’autant plus reculées que les transports locaux n’y offrent aucun accès. Le besoin d’explorer, de découvrir ce que personne n’a vu, ce que peu n’ont connu, ce que nul n’a parcouru procure un plaisir intense, un sentiment de pionnier, d’Arpenteur indépendant. Les déserts chauds ou froids, les steppes et autres terres d’isolement sont autant de plaines de jeux extraordinaires, procurant ce plaisir d’aventure, mais il est juste de dire aujourd’hui que tout voyage en autonomie s’avère de l’Overland, de la route 66 à la transsaharienne et ce quelque soit le moyen de locomotion.

Avec quel moyen de transport

Aujourd’hui, tout est lieu d’être une raison d’Overland, et quand le camping-car a présenté l’idée de voyage itinérant comme une formalité, l’Overland en a pris un sacré coup de fierté, mais il n’y pas de petit voyage, il y a juste des voyages. Théoriquement, vous pouvez choisir n’importe quel type de véhicule mais concrètement, il vous faut choisir un véhicule qui soit adapté à vos besoins ou plus simplement partir à pieds. Dans un premier temps, il est primordial d’avoir une bonne connaissance de l’état des terrains prospectés avant de s’y aventurer. Encore une fois, personne ne peut mieux vous renseigner sur l’état des routes que les locaux ou les Arpenteurs déjà passés. Puis, il reste à définir le confort d’itinérance souhaité, toujours fonction du budget alloué au voyage à venir et chacun y va de ses besoins et des ses économies

Pourquoi l’Overland

        Pourquoi s’embêter avec son propre moyen de déplacement quand on peut très bien partir en train, en avion, ou simplement avec un tour opérateur, nous transportant confortablement entassés dans un bus de sites en hôtels, d’hôtels en sites, signifiant à l’occasion notre état de soumission passagère, notre rôle de marchandise.

     Alors que les raisons sont si nombreuses qu’il faudrait certainement plusieurs pages pour toutes les énumérer, voici quelques arguments plus ou moins convaincants de choisir l’Itinérance autonome, de vivre l’Overland.

Pour visiter des régions inconnues

        Les transports en commun plus ou moins confortables et conviviaux offrent, s’ils restent locaux, l’avantage d’y rencontrer l’autochtone imposé par le siège voisin. Mais ce type de déplacement n’offre que difficilement le droit de pouvoir s’arrêter là où le voyageur le souhaite, à toute heure, à tout moment, pour n’importe quelle raison aussi futile soit-elle. Qu’il s’agisse d’une ville, d’un hameau égaré ou perdu en pleine brousse, le choix d’une pause de curiosité demeure non envisageable. L’arrêt est le même pour tout le monde et cause par ce déversement localisé l’obligation aux mêmes souvenirs, la réduction au voyage commun, et par conséquences plus économiques que volontaires une certaine privation au droit de visiter des régions dans lesquelles vous ne seriez jamais allé autrement que par vos propres moyens indépendants, quelqu’ils soient. Pourquoi un tel besoin d’autonomie ? Car tout devient alors possible et propice à de nouvelles destinations encore non exploitées par le tourisme local pour des raisons de logistique insuffisante, à de nouvelles découvertes solitaires, aux arrêts volontaires et non quantifiés, la pause intempestive : la curiosité en devient alors sans cesse stimulée pour des raisons parfois innocentes et personnelles. Le voyage ne devient plus une destination ou un lieu, mais un cheminement parsemé d’intérêts naissants que l’on pourrait juger futiles. Il n’en est rien! l’Itinérance vous libère de toutes vos obligations et vous livre l’Outre-terre que vous avez choisie.

Pour rencontrer des personnes de tout horizon

        Le contact social lié à la vie en Itinérance est sans équivalent jusqu’au paroxysme du voyage à pieds ou en auto-stop d’une autre dimension. Locaux sédentaires, curieux au passage, étrangers sur la route, voyageurs à la croisée des chemins et bien d’autres nomades rodent en permanence sur cette Itinérance parfois incertaine. Une pause dans le café du village ? Une première rencontre! Un problème en pleine nature ? Une nouvelle! Un petit apéritif en bord de mer, au soir d’une nuitée ? Un échange supplémentaire! De vrais gens, sans attente ni intérêts économiques pour la plupart, aussi intéressants qu’intéressés, mélange partagé de curiosité et d’émerveillement dans les yeux de parfaits inconnus qu’ils sont à vos yeux, que vous êtres aux leurs. Quand l’échange imprévu rajoute au voyage cette âme enivrante, ce parfum agréable qui anime l’Arpenteur face aux populations locales souvent inintéressées par l’image décriée du touriste pressé. Nous sommes tous des touristes loin de nos terres natales quand le mouvement s’estompe au plaisir d’un intérêt quelconque, reste à nous de ne pas le crier sur les toits des maisons avoisinantes.

Rien de tel pour essayer d’en apprendre un peu plus sur une culture qui nous tend les bras à la condition d’une certaine retenue, que de se rapprocher de son peuple, d’écouter ses récits, de boire sa bière. Et là, dans ces rencontres improvisées et souvent impromptues, le voyage est capable de balayer tous les doutes d’un revers de la main sur ce besoin d’Itinérance. La rencontre refrène la route pour le plaisir de l’âme. Et il faudra savoir repartir! Ou pas!

Pour apprendre à vivre avec le strict essentiel

        Toutes personnes arpentant le monde, vous le diront : c’est lors de cette Itinérance de voyage que nous réalisons à quel point la vie sédentaire est entourée de bien de choses superficielles et inutilement chronophage. Et chacun sentira dans l’Itinérance d’Overland sa part d’ascétisme et d’inconfort volontaire. Aucune règle ne régit l’Itinérance si ce n’est l’idée de voyager léger, si possible. Nous avons perdu toute notion de mobilité en raison de biens matériels, extensions de notre corps nous encombrant plus qu’ils nous sont utiles. Pourquoi un tel besoin de privation insoupçonnée ? Pour revenir aux sources! A l’essentiel! Se rappeler ce qui est réellement vital et ce qui ne l’est pas. La route offre cela.

Pour se ré-approprier le temps

        Pourquoi les gens apprécient-ils l’Itinérance ? En grande partie pour ce besoin naturel de se ré-approprier le temps, leur temps. On dépense du temps comme l’on dépense de l’argent, et en cette idée, tout implique la valeur essentielle mais souvent ignorée de ce précieux cadeau de la vie. Se ré-approprier chaque minute, chaque heure et chaque jours et de choisir de le dépenser librement au service de l’Itinérance ou de l’immobilité. Se ré-approprier leur vie pleinement entachée d’activité sociètale.

Une journée, une semaine, un an et plus encore pour certains. Le temps n’a pas de réelle valeur économique et demeure un partage social sans équivalant jusqu’alors. Il se dépense comme bon nous semble, il ne se gaspille pas, ni ne s’économise, il ne se perd pas non plus, mais il passe et ne s’arrête jamais en perpétuel itinérant qu’il est. Alors, si nous le regardons filer au gré des kilomètres, l‘Itinérance vous entraine, une fois pris dans la monotonie de sa routine, dans cette méditation vaseuse où les jours se ressemblent et s’enchainent dans une mobilité insoucieuse. Tout comme un quotidien sédentaire et sans repères visuels, sans évènements émotionnels, les jours défilent au rythme des heures et le nomade s’enlise dans son propre temps libre. Alors, l’Arpenteur se réveille brusquement et renvoie la route à ses paysages défilant de parts et d’autres, offrant le souvenir et permettant à ces instants passés de se différencier.

Pour voyager au moindre coût

        Et c’est ainsi que le bas blesse, quand l’excuse de ne pas partir s’appuie sur un quelconque financement impossible et vous contraint à domicile. Mais le voyage n’est pas le bien de quelques classes sociales moyennes et supérieures. Contrairement au tourisme, l‘Itinérance n’a pas de grands besoins au dépend du confort de chacun et d’une inévitable consommation vitale. Elle rend libre à défaut d’être riche! Voilà donc une bonne raison pour suivre un Carnet de wOyage, quitte à la faire à pieds et de vivre sur la route au même prix qu’à la maison et parfois souvent moins.

Pour vivre une expérience

        A chacun son besoin d’aventure temporelle et de fuite sociétale, recherche de sentiment de liberté ou de profondes émotions, l’homme voyage avant tout pour se sentir vivant et se voir exister, juste une fois, à défaut de pouvoir et/ou de vouloir en vivre au quotient. Je l’ai fait! J’ai osé! Autant de raisons données afin de justifier simplement le pourquoi de tels agissements peu communs, hors cadre. Mais l’idée se démocratise et le besoin se répand tel un virus aussi contagieux qu’enivrant. Partir pour mieux revenir. Vivre le manque de l’Itinérance pour comprendre l’opulence de la sédentarité. 

Pour partager un souvenir

        Rien d’autre que la route pour comprendre son prochain et ressentir son proche. Le voyage partagé s’avère être une expérience inoubliable avec une personne qui vous est chère ou plus simplement rencontrée en cours de route comme il arrive parfois. Qu’il s’agisse de votre meilleur ami, de votre frère ou de votre femme, l’Itinérance est l’une des plus belles odes aux liens humains. Après avoir vécu une aventure ensemble, en immersion partagée au sein d’une culture différente, les relations n’en seront que meilleures. Écoute, patience et compromis s’enseignent sur la route, dans le partage, et le soutien de l’autre. Ni la trahison, ni l’abandon n’ont de place cette dualité de mobilité étrangère. Et si l’entente s’en trouve perturbée, si l’équipée s’épuise au fil des kilomètres et se décompose de trop nombreux désaccords, la route se sépare bien plus vite que dans le confort d’une vie sédentaire. Tout vient à point à qui sait attendre, l’Itinérance ne pardonne pas et déchire aussi la relation qu’elle la lie à jamais, ou presque.

Pour jouir pleinement d’une liberté de mouvement

        Prendre la route, suivre son défilement comme un divertissement visuel, parfois spirituel et trouver un point de chute agréable pour passer une ou plusieurs nuits avant de repartir, toujours plus loin, avec le choix de dépenser son temps ici ou ailleurs, de s’allonger partout et nulle part.

     Rester plusieurs jours, partir dès demain. Revenir sur des pas déjà faits. Rien n’a plus d’importance que cette liberté de mouvement si chère à l’Arpenteur, si chère notre vie. Aller et venir sans contrainte. Parcourir l’intégrité de notre projection, se perdre dans un tiers seulement du voyage, ne voir qu’un bout du coin pour des raisons d’immobilisme bienheureux, quel importance. Il n’y pas de grands voyages, le voyage en tant que tel se suffit à lui même et consiste avant tout à ce droit au mouvement que nulle société, nulle famille, nulle maladie ne puissent contrarier.

Pour se retrouver

        En plus d’être une excellente expérience humaine, il s’agit là également d’une réflexion personnelle, voir spirituelle indéniable. Par ce traditionnel voyage initiatique, nous en apprenons plus sur nous-même, nos passions et nos envies que nulle part ailleurs. Notre facilité d’adaptation à de nouvelles cultures, de nouveaux gens et notre capacité à vivre l’inconnu, l’imprévu. Au fil du temps, au rythme des kilomètres, le coeur s’apaise et le regard s’adapte à cette nouvelle vie de vide parfois, de silence souvent. Le stress disparait et l’ouverture d’esprit régit de nouvelles réflexions, souvent inattendues.

Pour se réveiller dans tous les bouts du monde

        Pouvoir s’endormir et se réveiller dans des endroits d’une rare magnificence, volontairement recherchés, uniques et isolés, des lieux absolument inhabituel et pourtant à la portée de tous.  Nous avons totalement oublié de vivre dehors, de dormir là où le sommeil nous porte, en pleine clairière, en bord de mer, au chant du goéland, au sommet d’une crête sous un soleil couchant, avec ce sentiment unique et enivrant d’être tout seul au monde. Se lever au silence et la fraicheur de l’aube, approcher l’horizon et pisser de bonheur sur les confins du monde.

OGO w🌐yage © 2013

Tous droits réservés
km suspendus